L’INTRODUCTION

Les documents qui composent l’exposition "La Macédoine au cours des siècles" représentent une revue rétrospective de l’ethnogénèse du peuple macédonien et de la vie politique, économique et culturelle de la Macédoine depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.

La conception de l’exposition englobe onze unités chronologiques-thématiques liées entr’eux, qui illustrent le développement historique du peuple, de la langue, de l’État et de la culture macédoniens au cours des siècles.

L’exposition comprend les périodes suivantes:

  1. La Macédoine antique (depuis le néolithique jusqu’au premier Moyen Âge);
  2. La Macédoine médiévale (IXème-XVIème siècle);
  3. La Macédoine au cours de la domination turque (la fin du XIVème- le commencement du XXème siècle);
  4. Le mouvement culturel-national et de libération nationale du peuple macédonien (XIXème siècle - le commencement du XXème siècle);
  5. La Macédoine au cours des guerres balkaniques et de la Première guerre mondiale (1912-1918);
  6. La Macédoine entre les deux guerres mondiales (1919-1941);
  7. La Macédoine au cours de la Deuxième guerre mondiale (1941-1945);
  8. La question de l’autodétermination et de l’union du peuple macédonien (1940-1949);
  9. La Macédoine après la Deuxième guerre mondiale (1945-1990);
  10. L’église orthodoxe macédonienne et l’émigration macédonienne au XXème siècle;
  11. La République de Macédoine - l’État indépendant et reconnu au niveau international (1991-1996).

Dans la première partie de l’exposition intitulée "La Macédoine antique", on représente une partie de richesses archéologiques de la culture matérielle et spirituelle crée sur le territoire de la Macédoine, depuis les premières traces néolithiques conservées jusqu’à celles du Moyen âge. Une place spéciale dans cette partie de l’exposition appartient aux objets qui parlent de la création et du développement de l’État antique de la Macédoine et de son élan au cours du règne de Philippe II et d’Alexandre III le Macédonien (Alexandre le Grand).

La deuxième partie de la présente exposition englobe la période depuis le neuvième jusqu’au seizième siècle qui ont vu naître grand nombre de monuments importants vieux-slaves et slavo-ecclésiastiques (slavons), conservés jusqu’aujourd’hui. La place spéciale appartient à l’oeuvre civilisatrice des saints frères Cyrille et Méthode et de leurs successeurs Saint Clément et Saint Naoum qui répandaient le christianisme et la littérature slave. On y présente aussi les sources pour la formation et le développement de l’État médiéval en Macédoine au cours du gouvernement de l’empereur Samuel et de ses successeurs, et pour l’existence de l’archevêché autonome d’Ochrida.

La majeure partie de vieux manuscrits conservés et de photographies parlent de la vie spirituelle et profane développée, de l’élan dans l’architecture ecclésiastique, de fresques, de la peinture d’images saintes et de l’oeuvre littéraire, importants pour la civilisation et pour la culture slave et universelle.

Les documents de la troisième unité illustrent cinq siècles de la vie en Macédoine sous la domination turque (la fin du XIVème - le commencement du XXème siècle), de la situation sociale-économique et politique et de l’ héritage culturel islamique crée en Macédoine. Les sources se rapportent aux questions militaires, administratives, juridiques, sociales, religieuses, éducatives etc. qui jettent la lumière sur divers aspects du fonctionnement de la domination séculaire turque en Macédoine.

Dans la même unité sont présentés aussi les documents relatifs aux aspirations de l’Archevêché d’Ochrida d’ inciter le mouvement de libération de la Macédoine et des Balkans du joug turc. On y illustre aussi le mouvement des "aydouts" (brigands) et les insurrections en Macédoine (de Karpoch, de Négouch etc.) contre le pouvoir turc. On y trouve la documentation relative à la pénétration du capitalisme en Macédoine et à l’apparition et au développement de la classe bourgeoise et de l’intelligence macédoniennes qui deviennent guides des aspirations de libération.

Les documents de la quatrième unité thématique parlent de l’éveil, de l’apparition et du développement de la conscience nationale auprès les Macédoniens dans les circonstances de la décomposition du système féodal ottoman-turque et de la pénétration intense de propagandes religieuses-d’instruction en Macédoine, organisées par les pays balkaniques voisins (la Bulgarie, la Grèce et la Serbie). Les sources parlent du mouvement populaire et culturel-national du peuple macédonien en forme du mouvement dirigé contre le Patriarcat et contre l’ExarcHat, pour la reconstruction de l’Archevêché d’Ochrida comme église macédonienne; des nombreuses réclamations de la population macédonienne relatives à l’usage de la langue populaire macédonienne dans les églises et dans les écoles; des oeuvres littéraires et didactiques des civilisateurs nationaux comme p.ex. les frères Miladinov, Grigor Prlitchév, Rajko Zhinzifov, Gj. Poulevski et autres, et de leurs efforts pour élever la langue macédonienne parlée au niveau de langue littéraire.

Le mouvement culturel-national se transforme en mouvement révolutionnaire de libération nationale du peuple macédonien qui commence par l’Insurrection de Razlovtsi et l’Insurrection macédonienne (de Krésna) en 1876-1878, mûrit par l’apparition de la Ligue macédonienne (1880-1881) et des sociétés révolutionnaires ("Loza" de 1892 et autres) et culmine par la création de l’Organisation révolutionnaire macédonienne (Salonique, 1893). Le but fondamental des forces révolutionnaires macédoniennes fut la conquête du statut autonome de la Macédoine dans le cadre de la Turquie, en vertu de l’article 23 du Traité de Berlin de 1878 et sa transformation graduelle en État autonome.

C’est pourquoi dans cette partie de l’exposition, on présente plusieurs documents qui se rapportent aux insurrections de libération nationale qui culminent par l’Insurrection d’Ilindén (de St. Élie) en 1903, à la constitution et au rafforcement de l’Organisation révolutionnaire macédonienne sur tout le territoire de la Macédoine, ses luttes pour la conservation de l’autonomie de l’Organisation et l’empêchement des propagandes étrangères. Toutes ces thèmes sont représentés par les documents nés de l’activité des organisateurs et des idéologues principaux du mouvement révolutionnaire macédonien Gotsé Deltchév, Gjortché Petrov, Damé Grouév, Petar Pop Arsov, Dimo Hagi Dimov et autres.

L’exposition contient aussi des sources qui parlent des conséquences des insurrections et du mouvement macédonophile qui s’est développé en Europe, en faveur de la protection de la population macédonienne et de l’application de réformes en Macédoine, décidées par les Grandes Puissances. On y présente aussi l’activité diplomatique des représentants étrangers en Macédoine, surtout les positions des Grandes Puissances relatives au mouvement révolutionnaire macédonien et aux réformes en Macédoine. Les sources illustrent la politique des États européens avec les pays balkaniques voisins concernant la soi-disante "question macédonienne".

Une place spéciale dans l’exposition est réservée aux documents relatifs à la définition du programme national macédonien au commencement du XXème siècle par l’intelligence macédonienne (J. Dédov. K.P. Missirkov, D. Tchoupovski etc.) à Belgrade, Sofia, St. Pétersbourg, Odéssa, Genève et en Macédoine. On y accentue l’individualité nationale des Macédoniens, la particularité de la langue macédonienne, de l’histoire, de la tradition et de la culture et on propose les modalités pour la future constitution de l’État macédonien.

La cinquième unité thématique englobe les documents relatifs à la situation difficile et aux souffrances du peuple macédonien au cours de deux guerres balkaniques (1912-1913) et de la Première guerre mondiale (1914-1918). Notamment, en base du Traité de Bucarest de 1913 et des Traités de Paix de Paris (1919-1920), le partage territorial de la Macédoine entre la Serbie, la Grèce, la Bulgarie et l’Albanie est opéré et confirmé et par ceci, l’unité ethnique du peuple macédonien est interrompue. Les organisations et les sociétés macédoniennes du pays et de l’étranger adressent de nombreux appels et réclamations aux Grandes Puissances et au public international pour mettre fin aux partages et aux nouveaux assujetissements, pour sauvegarder l’unité de la Macédoine et l’intégrité du peuple macédonien et pour constituer l’État macédonien indépendant sous le protectorat des Grandes Puissances.

Les sources d’archives de la sixième unité chronologique-thématique illustrent la privation des droits nationaux, politiques et économiques du peuple macédonien en Macédoine partagée sous le régime serbe, bulgare et grec (1919-1941). Malgré ces circonstances, les aspirations du peuple macédonien et sa lutte pour la liberté nationale et politique persistent. Les documents présentés expriment les efforts des Macédoniens dans les trois parties assujetties de la Macédoine (de Vardar, d’Egée et de Pirine) et à l’étranger pour attirer l’attention du public international vers la particularité de la nation, de la langue et de la culture macédoniennes, le rétablissement de l’unité territoriale de la Macédoine, l’union du peuple macédonien et la formation d’État national macédonien. On y présente les sources qui illustrent l’activité de l’organisation nationale ORMI (Unie), le mouvement ouvrier et communiste et d’autres organisations et sociétés macédoniennes en Macédoine et à l’étranger, une série d’oeuvres littéraires, écrites en langue macédonienne, de la période entre les deux guerres mondiales au cours de laquelle sont posées les bases de la littérature macédonienne contemporaine.

Le mouvement de libération nationale et antifasciste du peuple macédonien dans toutes les parties de la Macédoine au cours de la Deuxième guerre mondiale (1941-1945) fait objet de la présentation dans la septième partie de l’exposition. Par l’intermédiaire des sources d’archives, on découvre la participation active du peuple macédonien dans la coalition anti-hitlérienne, le rôle du Parti communiste macédonien dans l’organisation du mouvement, la formation d’unités de partisans (maquisards) et le développement de l’armée macédonienne qui, vers la fin de la guerre, par ses propres forces libère la partie de Vardar de la Macédoine (la République de Macédoine d’aujourd’hui). Le 2 août 1944, les décisions historiques sont prises en ce qui concerne la constitution de la Macédoine comme État fédéral dans le cadre de la fédération yougoslave et la proclamation de la langue macédonienne comme langue officielle. On y expose aussi les documents qui affirment les valeurs nationales, la langue, la culture et l’art au cours de la guerre.

Les sources de cette partie de l’exposition démontrent aussi le mouvement développé de libération nationale et antifasciste des Macédoniens de la partie de Pirine et de celle d’Egée sous le joug bulgare et grec et leur lutte pour acquérir leurs droits nationaux et politiques.

L’huitième unité thématique de l’exposition est composée des documents qui se rapportent à la question du droit à l’autodétermination et à l’union du peuple macédonien au cours de la Deuxième guerre mondiale et directement après la guerre. Malgré la volonté déclarée du peuple macédonien de toutes les parties de la Macédoine pour l’autodétermination et l’union, le facteur international, exprimé par les positions des Grandes Puissances envers les Balkans et "la question macédonienne", contribue à la relativisation de la dite question.

La période après la guerre (1945-1990), caractérisée par l’édification de la République Populaire/Socialiste de la Macédoine comme État fédéral à droits égaux dans le cadre de la fédération yougoslave et par le développement général, national, économique et culturel du peuple macédonien et des nationalités (ethnies) en Macédoine, est l’objet de la neuvième partie de l’exposition. On y présente les documents constitutifs, légaux et autres en base desquels on constitue et édifie la Macédoine, on organise les institutions du système et on développe divers domaines de la vie sociale. Les documents illustrent le développement rapide de l’économie, de l’instruction publique, du service sanitaire, de la science, de la culture et de l’art en Macédoine et l’ affirmation de la République sur le plan yougoslave et international. On y présente aussi les combattants pour les droits nationaux, politiques et culturels des Macédoniens de la partie de Pirine et d’Egée de la Macédoine sous l’autorité de la Bulgarie et de la Grèce (1945-1996).

La dixième partie thématique offre la documentation relative à l’autocéphalité et au développement de l’Eglise orthodoxe macédonienne (EOM), organisateur et protecteur séculaire de la conscience nationale macédonienne et de la tradition.

Dans la dite partie sont incluses aussi les sources qui illustrent la vie de l’émigration macédonienne en Europe et dans les pays d’outre-mer. Les Macédoniens-emigrés développent l’activité intense pour l’affirmation de l’État macédonien et de sa culture et pour réaliser leurs propres droits nationaux et politiques partout dans le monde.

L’onzième, dernière partie de l’exposition contient les documents qui se rapportent aux événements et aux processus en République de la Macédoine (1991-1996), aux changements politiques et économiques en Macédoine après la dissolution du "système socialiste" et de la fédération yougoslave, à l’édification de la Macédoine comme État démocratique, avec la pluralité des partis et à sa constitution comme État autonome et indépendant.

Par le référendum du 8 septembre 1990, les citoyens de la Macédoine optèrent d’une manière plebiscitaire pour l’édification de la Macédoine souveraine et autonome tandis que dans la Constitution adoptée au mois de niovembre 1991, la République de la Macédoine soit constituée comme État souverain, indépendant et démocratique.

La documentation relative à la reconnaissance internationale de la République de Macédoine est également présentée dans le cadre de notre exposition. Ces activités culminent par la reconnaissance de la République de Macédoine par un grand nombre de pays, la majeure partie sous son nom constitutionnel, et par son admission comme membre à droits égaux à l’Organisation des Nations Unies (ONU), OSCE, le Conseil de l’Europe et autres organismes internationaux.

L’exposition contient aussi les documents qui illustrent l’édification des institutions du système en République de la Macédoine, les processus et les événements politiques contemporains et la politique intérieure et étrangère de la République de la Macédoine, orientée vers la sauvegarde de la stabilité du pays et de la région, le respect des droits des minorités nationales, l’établissement de bonnes relations avec les voisins et l’affirmation générale de la République de la Macédoine sur le plan international.

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La base de l’exposition "La Macédoine au cours des siècles" consiste en documents conservés dans les Archives de la Macédoine. On y présente également les documents, résultat de nombreuses recherches dans les archives à l’étranger. On s’est servi également de sources secondaires, comme p.ex. la presse macédonienne, les oeuvres littéraires, les oeuvres d’art, les mémoires etc. L’exposition est enrichie par le matériel documentaire-illustratif: les photographies d’événements et de personnages importants, les cartes géographiques-historiques, les symboles héraldiques, les données statistiques et autres matériaux.

A cause de la pluralité du caractère de l’exposition (historique, politique, de culture etc.) et de la période, des thèmes et des contenus traités, on a essayé à présenter les documents qui se rapportent aux processus, aux événements et aux personnages plus importants du passé lointain et récent du peuple macédonien et de la Macédoine. C’est pourquoi, on a été forcé au choix et à la description très sélectifs de documents présentés à l’exposition qui ne prétend pas d’être intégrale et complète. En préparant la présente exposition, on a découvert un grand nombre de documents importants qui n’ont pas pu être inclus bien qu’ ils le méritent et ils seront utils à l’occasion de la préparation d’autres expositions thématiques ou rétrospectives.

L’intention fondamentale du groupe d’auteurs, constitué des archivistes des Archives de la Macédoine, des savants-consulteurs et d’autres collaborateurs, a été d’essayer d’offrir une revue concentrée de la continuité historique, de la civilisation et de la culture des Macédoniens et de la Macédoine, par l’intermédiaire de la combinaison d’éléments historiques-d’archives et visuels.

Par la présentation des richesses historiques-culturelles de la Macédoine, l’exposition tâche - par les documents - de défendre et d’affirmer le nom de la Macédoine, de la nation macédonienne, de la langue macédonienne et de l’État macédonien.

Bien que le public macédonien plus large connaît déjà une partie de documents exposés, la majeure partie d’eux est présentée pour la première fois et nous comptons de provoquer son intérêt, tandis que nous sommes sûrs que pour le public international, l’exposition represente une rencontre extraordinaire avec la richesse historique-culturelle macédonienne et les nouvelles connaissances concernantes la Macédoine et les Macédoniens. C’est pourquoi, la fonction de la présente exposition est de présenter et d’affirmer plus amplement les richesses historiques-culturelles macédoniennes.

 

Ivan Aleksov, m.sc.        

Commissaire de l’exposition        

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