LA PARTIE DE VARDAR DE LA MACÉDOINE

(1919-1941)

Par le partage de la Macédoine en 1913, sa partie de Vardar (25.713 km², 800.000 habitants) entre dans le cadre du Royaume de SCS (depuis 1929, le Royaume de la Yougoslavie). Après la Première guerre mondiale, les autorités serbes appliquent des mesures de dénationalisation et d’assimilation du peuple macédonien. La Macédoine est nommée "Serbie Méridionale" et les Macédoniens "les habitants de la Serbie Méridionale". La langue serbe est introduite dans l’administration et tous les fonctionnaires et le clergé sont portés de dehors. Les droits nationaux et politiques des Macédoniens dans la vie politique, l’emploi d’État et l’instruction publique ne sont pas réconnus. La moindre expression de la déloyauté envers le régime aboutit par l’emprisonnement. Les prisons se remplissent de condamnés politiques, surtout des Macédoniens qui plaident l’autonomie de la Macédoine et la réalisation d’idées communistes. La politique grand-serbe se réalise par la colonisation de 4.200 familles serbes en Macédoine, surtout des éléments favorables au régime. Cette politique est appuyée par l’énorme structure administrative, de culture et d’instruction publique et militaire-policière de répression. Dans les communications publiques, la langue macédonienne est interdite. La politique de dénationalisation est exercée aussi par la propagande écrite et par les institutionss d’instruction. Dans les écoles élémentaires et secondaires, à la nouvelle Faculté de Lettres à Skopjé, l’enseignement se réalise en langue serbe, dans l’esprit grand-serbe.

En 1925, à Vienne, on constitue ORMI (l’Organisation révolutionnaire macédonienne interne) unie qui se transforme en organisation nationale du peuple entier, avec ses comités régionaux dans les trois parties de la Macédoine. Le but de l’Organisation est "la Macédoine libre et indépendante dans le cadre de ses confins géographiques, membre à droits égaux de la future fédération balkanique". Organes de l’ORMI(unie) sont: "Makedonsko delo"(La cause macédonienne) et "Balkanska federacija" (Fédération balkanique). ORMI(unie) subit des coups sérieux à cause des trahisons en masses dans la partie de Vardar et dans celle de Pirine de la Macédoine. Au VIIème congrès du Comintern en 1935, sous l’influence des partis communistes de la Yougoslavie, de la Bulgarie et de la Grèce, ORMI(unie) est dissolue. Quelques uns de des activistes et les communistes comme Metodija Chatorov, Vasil Ivanovski, Pavél Chatév et autres se distinguent dans la défense de la particularité de la nation et de la langue macédoniennes.

Les forces progressives macédoniennes développent une intense activité nationale-de culture. Au cours de cette période apparaissent plusieurs organes d’information et nombreux auteurs importants du domaine de la littérature, de l’art plastique et de la musique.

La dirigeance du Parti Communiste Yougoslave (PCY) en Macédoine publie légalement "Socijalisticka zora" (L’Aube socialiste) et "Nasa rec" (Notre parole) et clandestinement "Iskra" (Étincelle) et "Bulletin".

On remarque l’apparition de poètes qui écrivent en langue macédonienne. Le plus important entr’eux est Kosta Ratsine, connu par son recueil "Aubes blanches" (1939), empreigné de thèmes sociaux et plein de valeurs esthétiques suprêmes. Kolé Nedelkovski publie les recueils "Éclairs" et "A pied à travers le monde". Venko Markovski publie 7 recueils de poésies et de poèmes.

Dans le domaine du théâtre, il faut accentuer les premiers auteurs des pièces dramatiques écrites en langue macédonienne: Vasil Ilïoski (Échappée, le Riche Théodos), Anton Panov (Émigrés économiques), Risto Krlé (L’argent qui tue). Dans la musique excellent les compositeurs macédoniens: Stéfan Gaïdov, Traïko Prokopïév, Todor Skalovski, Pétar Bogdanov-Kotchko et Toma Prochév. En ce qui concerne l’art plastique, à côtédles zographes macédoniens apparait le groupe de fondateurs de la peinture moderne macédonienne: Dimitar Avramovski Pandilov, Lazar Litchénovski, Nikola Martinovski, Vanghel Kojoman etc.

C’est la période de la mise de fondements de la littérature, de la culture et de l’art moderne macédonien par les auteurs macédoniens.

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