LA MACÉDOINE AU COURS DES GUERRES BALKANIQUES ET DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

(1914-1919)

En 1912, les États balkaniques - la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro constituent l’alliance militaire pour éliminer le pouvoir turc dans les Balkans. Après avoir chassé les Turcs au cours de la Première guerre balkanique (1912/13), les appétits conquérants des pays alliés envers la Macédoine provoquent la guerre entre les alliés mêmes - la Deuxième guerre balkanique (1913). La réalisation de l’autonomie prévue de la Macédoine est oubliée tandis que les aspirations des pays voisins soient appuyées par les Grandes Puissances, du point de vue de leurs intérêts.

Par le Traité de paix de Bucarest d’août 1913, la Macédoine est partagée. Les conséquences de ce partage sont graves et de longue durée en ce qui concerne l’unité ethnique du peuple macédonien et l’integrité territoriale de la Macédoine. En vertu du dit Traité, la Grèce s’empare de la Macédoine Méridionale avec son littoral (la Macédoine d’Égée), la Serbie de la Macédoine du Nord et Centrale (de Vardar) et la Bulgarie de la Macédoine Orientale (de Pirine). Le partage provoque le nouveau assujettissement national, politique, économique et culturel-d’instruction encore plus intense du peuple macédonien.

Les représentants du peuple macédonien, organisés en colonie macédonienne à St. Pétersbourg adressent des mémoires et des appels aux gouvernements des Grandes Puissances et des pays balkaniques et au public européen avec la prière d’empêcher le partage de la Macédoine et sa constitution comme État libre et indépendant dans le cadre de ses limites ethno-géographiques.

Après la Première guerre mondiale, le peuple macédonien devient objet de nouvelles occupations, de dévastations de guerre et de partages. La Serbie mobilise avec force 53.000 Macédoniens, la Bulgarie 33.000 et la Grèce 20.000. Les actions des tchétniks et les conflits de guerre pour la Macédoine entre la Serbie et la Grèce - qui se trouvent de la part de l’Entente - , et la Bulgarie qui fait partie des Puissances centrales, et surtout les opérations militaires importantes sur le Front macédonien provoquent des conséquences graves pour le peuple macédonien. Les deux occupants exercent des réquisitions et des pillages des richesses nationales, infligent des travaux forcés en masses, exercent des déportations et des représailles. Le peuple macédonien organise diverses formes de la résistance: on cache des marchandises, on déserte les troupes, on embrasse la clandestinité etc.

Les villes macédoniennes: Bitola, Serrès, Lérine, Doïran et autres sont gravement endommagées. En Macédoine règne la dévastation générale, la famine et les maladies contagieuses. Le nouveau partage provoque l’assujettissement national et politique encore plus grave du peuple macédonien.

Les Macédoniens résidant à l’étranger, organisés en organisations et sociétés politiques adressent divers appels et mémoires aux gouvernements des Grandes Puissances, à la Conférence de Paix de Paris et au public international, pour les informer de la situation et des aspirationns du peuple macédonien et pour demander la solution de la question nationale macédonienne et d’État macédonien. Ils démontrent ouvertement au monde que le peuple macédonien a décidé de constituer la Macédoine comme État dans les Balkans, libre, uni et indépendant .

Il faut accentuer l’activité de sociétés macédoniennes en Suisse, unies en Conseil Général qui réclame des gouvernements des Grandes Puissances de donner au peuple macédonien la possibilité d’autodétermination et d’indépendance, en vertu des 14 points de la Déclaration du président des États-Unis Woodrow Wilson.

En 1918, l’émigration macédonienne en Bulgarie, représentée par les révolutionnaires "Serchani" publie la Déclaration dans laquelle on demande l’autonomie de la Macédoine dans ses frontières ethno-géographiques, comme membre à droits égaux de la future fédération balkaniquie. En 1919, un groupe de révolutionnaires macédoniens constitue la Représentation temporaire de l’ORMO précédente qui publie un Appel dans lequel elle plaide la constitution de la Macédoine autonome et indépendante comme État neutre sous protectorat international. La Représentation envoie sa délégation à la Conférence de Paix à Paris.

En 1917, les intellectuels macédoniens de St. Pétersbourg avec Dimitriya Tchoupovski à la tête forment le Comité révolutionnmaire macédonien qui plaide la création de la République balkanique démocratique fédérative avec la République macédonienne, indépendante et unie, comme membre à droits égaux.

Les facteurs internationaux ne prennent pas en considération ces appels et les réclamations du peuple macédonien et de ses représentants politiques. Malgré certaines propositions de l’Italie et de la Grande Bretagne pour l’autonomie de la Macédoine, à la Conférence de Paix de Paris (1919) sont évidents les intérêts des États balkaniques et des Grandes Puissances. La question macédonienne est traitée comme question minoritaire et la Macédoine est partagée entre le Royaume des SCS (la Yougoslavie, la Grèce et la Bulgarie.

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