LE MOUVEMENT DE LIBÉRATION NATIONALE ET RÉVOLUTIONNAIRE DU PEUPLE MACÉDONIEN

(deuxième moitié du XIXème - le commencement du XXème siècle)

Pendant les années 70 du XIXème siècle, pendant que la Turquie est secouée par la soi-disante Crise d’Orient, les paysans macédoniens initient leur lutte de libération nationale par le déclenchement de l’Insurrection de Razlovtsi (1876), guidés par Dimitriya Pop Ghéorighiév-Bérovski. Sans aucune assistance de dehors, l’insurrection est étouffée dans le sang. Puisque les Grandes Puissances, par les décisions du Congrès de Berlin de 1878, abandonnent la Macédoine sous le joug turc, prévoyant son autonomie à l’exemple de celle de Crète (art. 23 du Traité), les paysans organisent l’Insurrection de Krésna (1878). Guidés par Bérovski et le prêtre Stoïan, les insurgés macédoniens constituent leur propre autorité sur le territoire de la vallée de Strouma. On promulgue la Constitution et le règlement dans lequel on accentue le but de l’insurrection - la libération nationale et on définit les relations avec les pays voisins. La Constitution règle l’ordre futur de l’État macédonien.

Au cours des années 90 du XIXème siècle, les conditions propices sont crées pour la constitution de l’Organisation révolutionnaire macédonienne (ORM), connue dans l’histoire comme Organisation révolutionnaire secrète macédono-odrinienne (ORSMO) ou Organisation révolutionaire macédonienne intérieure (ORMI). L’Organisation devient promoteur du mouvement macédonien de libération nationale. Les comités et les bandes s’organisent sur le territoire entier de la Macédoine. La diffusion et le renforcement du réseau de l’organisation sont surtout le mérite de Gotsé Delchév. de Damé Grouév, de Gjortché Pétrov et des autres. Avec le but d’unir les masses populaires mécontentes, sans égard à leur appartenance nationale et religieuse, et d’acquérir l’autonomie politique de la Macédoine par la révolution, en 1903, l’ORM organise l’Insurrection d’Ilindén (St. Élie) qui aboutit par la République de Krouchévo. Parallèlement, les membres de l’ORM établissent la coopération avec les socialistes qui les influencent du point de vue idéologique.

L’Organisation révolutionnaire macédonienne s’enracine profondement parmi le peuple macédonien qui s’insère en masses dans ses rangs, l’appuie et réalise les décisions de ses institutions révolutionnaires et démocratiques (la police locale, les tribunaux, les activités humanitaires etc.). L’Organisation établit le système d’autorité parallèle aux autorités turques et devient "l’État dans l’État".

Après l’Insurrection de St. Élie, l’ORM s’efforce à consolider ses rangs malgré la terreur des autorités turques envers la population macédonienne. Au Congrès de Rila en 1905, on réaffirme le programme de l’Organisation et on décide de s’opposer énergiquement aux propagandes étrangères.

L’Insurrection de St. Élie et les souffrances du peuple macédonien trouvent un écho profond auprès le public international et la presse étrangère. Le mouvement macédonophile se répand en 1903 et en 1904 en Grande Bretagne, en France et en Italie. On réclame l’autonomie de la Macédoine, l’application de réformes décidées par les Grandes Puissances européennes et la nomination de gouverneur chrétien en Macédoine. Toutefois, partant de ses propres intérêts, la diplomatie européenne ne contribue en rien aux réformes mais elle défend le "statu quo" en Macédoine.

En 1908, les Jeunes Turcs organisent le coup d’État en Macédoine et essaient à démocratiser l’Empire turc. Le peuple macédonien participe à ce mouvement espérant en vain la réalisation des promesses des Jeunes Turcs, c’est-à-dire de distribuer des terres et d’accorder les libertés nationales et politiques. Malheureusement, les Jeunes Turcs ne tiennent pas leurs promesses.

En 1912, les États balkaniquess constituent une alliance et se préparent à chasser les autorités turques des Balkans.

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