LA MACÉDOINE À L’ÉPOQUE DU GOUVERNEMENT TURC

(fin du XIVème – commencement du XXème siècle)

Pendant cinq siècles (1395-1912), la Macédoine dans ses confins historiques-ethniques suit le destin du grand et puissant Empire Ottoman comme une de ses régions balkaniques centrales. Après la défaite des forces balkaniques unies sur la rivière Maritsa (1371), parmi lesquelles se trouvent aussi les maîtres féodaux Volkachine et Ouglécha, les Ottomans continuent leur pénétration et en 1395, ils occupent la Macédoine. Le successeur de Volkachine, le roi Marko (1371-1395) et les frères Déïanov deviennent leurs vassaux. Le roi Marko protège la population de la violence turque et c’est pourquoi dans les chants populaires, il est représenté comme grand héros.

En Macédoine, l’État turque impose complètement son système militaire-politique, administratif et fiscal et l’islamisation de la population chrétienne macédonienne. Ce processus est remarquable au XVIème et au XVIIème siècle, surtout en Macédoine Occidentale et Orientale. Néanmoins, la population macédonienne islamisée réussit à sauvegarder pendant des siècles sa langue maternelle macédonienne.

Pendant le régime turc, l’Archevêché d’Ochrida sauvegarde son autonomie et se transforme en porteur principal de la particularité macédonienne. À l’aide de l’Occident et de la Russie, les archevêques d’Ochrida se font promoteurs du mouvement pour la libération de la Macédoine et d’autres pays balkaniques du joug turc. Le clergé inférieur, d’origine macédonienne, entretient les traditions culturelles, cultive la langue populaire et incite les sentiments nationaux.

Du XVème au XVIIIème siècle, l’Empire Ottoman subit plusieures défaites et c’est pourquoi on intensifie l’exploitation de la population macédonienne.Le système des timars-spahis commence à se décomposer et c’est le système de tchifliks qui le remplace.

La conduite de plus en plus arbitraire et l’anarchie des maîtres féodaux désobéissants, les impôts exagérés et la corruption des autorités locales provoquent le mécontentement et la révolte de la population macédonienne qui se manifestent sous diverses formes de la résistence: l’activité des "aydouts", les révoltes et les insurrections. Les révoltes et les insurrections les plus connues de cette période sont: la révolte de Prilep (1564-1565) et l’insurrection de Karpoch (1689/90), étouffées dans le sang par les autorités turques.

Par l’abolition de l’autocéphalie de l’Archevêché d’Ochrida et sa soumission au Patriarcat de Constantinople (1767), la situation sociale en Macédoine est ultérieurement détériorée. Les luttes entre les maîtres féodaux provoque la migration des paysans macédoniens dans les villes. Au commencement du XIXème siècle se développent l’artisanat, le commerce et la classe bourgeoise macédonienne. A côté de Salonique et de Bitola (centres administratifs et économiques principaux) se développent aussi les villes Serrès, Kostour, Prilep, Skopjé, Vélès et autres. Aux foires, la population a la possibilité de contacter avec les gens d’autres régions, surmontant ainsi l’autarcie. Les conditions pour une majeure intégration du peuple macédonien et pour le développement de la conscience nationale macédonienne sont crées et au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle initie la lutte pour la libération nationale et la création de l’État macédonien.

Malgré cinq siècles du joug turc, le peuple macédonien conserve et cultive sa particularité nationale, la langue populaire, la religion orthodoxe, le folclore, les traditions et la culture et pendant la deuxième moitié du XIXème siècle commence sa lutte pour la libération nationale et la création de l’État macédonien.

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